Les ruptures… amicales!

Les films, les séries, les romans, les feuilletons … Ils sont tous là pour nous rappeler que dans la vie, tu aimes, que dans la vie, tu romps, que dans la vie, il y a l’Amour, avec un grand A. Pourtant si la recherche frénétique de L’homme ou de LA femme idéal(e) peut en occuper plus d’un sur terre, j’aimerais qu’on oublie pas sa copine, l’amitié.

Une des premières fois que j’ai vu un film qui en traitait, c’était « Respire », et dans le même genre il y a eu aussi « L’année prochaine ». Et si l’un m’a bluffée alors que l’autre m’a déçue, j’ai au moins apprécié qu’on montre sur grand écran que OUI, en amitié aussi on peut souffrir.

Quand on est en couple, on a forcément une place définie et souvent privilégié, on est « le copain de » ou « la copine de » et en général, il n’y en a qu’un (ou pas. mais ceci est un autre débat 😉 ) et tout le monde le sait (un peu trop parfois 😉 ). Mais alors, à quel moment sait-on qu’on est vraiment l’ami(e) de ? Et comment trouver sa place dans une relation amicale ? A vrai dire, je n’ai pas la réponse.

La première fois que j’ai souffert d’amitié, c’était quand M. et moi, qui étions à la fois cousines et Best (diminutif totalement moche de « Best Friend » (tout aussi moche)), avons arrêté de nous parler parce qu’à quatorze ans, j’avais choisi la voie de la sagesse alors qu’elle s’était plutôt tourné vers  le côté obscur de la force.

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On passait nos journées au téléphone, à s’envoyer des SMS, et des lettres même (oui bon hein, ça fait DIX ans, whatsap n’existait pas !) . Je vivais un peu sa vie par procuration à 300km. Il n’y avait qu’elle qui me comprenait, et on partageait tous nos secrets (ou presque). Et puis un jour, à la fin des grandes vacances 2017, elle s’est mise à fréquenter des mecs plus âgés. Moi, à l’époque, j’étais « anti alcool, anti tabac, » anti tout quoi. Et j’ai pas trop suivi. Alors elle m’appelait de moins en moins parce qu’elle n’avait plus rien à me raconter et moi, je ne trouvais plus ma place dans sa « nouvelle vie ». Aux vacances suivantes, je ne suis pas allée chez elle et le seul contact qu’on a eu, c’était un soir où elle m’a demandé de lui servir d’alibi car elle était sortie sans permission. Comme c’est mignon.

Après ça, il m’a fallu trois longues années pour réussir à la « pardonner » et qu’on renoue le dialogue.

Aujourd’hui, de l’eau a coulé sous les ponts. Même si notre complicité d’antan ne sera plus, on est redevenues cousines, amies et on garde le contact et quand je repense au chemin qu’on a parcouru jusqu’aujourd’hui, il m’a fallu beaucoup de temps pour me construire un nouvel équilibre, sans elle et pour accepter ce que j’ai vraiment vécu comme une rupture. Je me sentais seule, désœuvrée. J’étais jeune et c’était comme ma première peine de cœur.

Quelques années plus tard, au lycée, il y a eu J., c’était ma Barbie. On s’est rencontrées en seconde. Au début, c’était une pote parmi d’autres. Et puis en première, après l’été, on a commencé à se confier l’une à l’autre, à venir ensemble le matin, à passer nos récrés à discuter. On parlait d’amour, beaucoup, souvent. Le soir, on rentrait ensemble et puis le vendredi elle venait chez moi. On se baladait à Saint-Michel, on adorait ce quartier parisien. Le jour du BAC de français, on a fini avec notre bande dans un parc, à fumer la chicha. Là, je l’ai vu embrasser G. Je ne savais même pas qu’ils se parlaient. Pendant l’été, on se donnait des nouvelles et elle me racontait son amour naissant. J’étais contente et j’avais hâte de la revoir au bahut. Il m’a pourtant suffi d’une semaine pour m’apercevoir que maintenant, c’était avec lui qu’elle arrivait le matin, avec lui qu’elle discutait pendant les intercours et avec lui qu’elle rentrait le soir. Du coup, je n’avais plus ma place dans sa vie et on a fini par ne plus du tout se parler. Pourtant, fin mars, quand ma tante est décédée et que je suis partie en Normandie, c’est la seule à avoir compris qu’il se passait quelque chose de grave dans ma vie. Comme si, malgré tout, on était restées connectées. Puis, on s’est vraiment perdues de vue.

Aujourd’hui, j’ai 25 ans et quand j’entends mes anciens colocs me dire que « tout le monde se remplace » non non et non. Je ne suis pas d’accord. En amour comme en amitié, chacun est unique et chaque relation est unique. Je ne sais pas d’où vient ce besoin d’exclusivité de ma part mais je n’arrive pas à concevoir de ne pas être unique aux yeux d’une personne. Même en amitié. Je n’ai jamais fait partie d’un « groupe » de potes parce que justement, je n’y aurais pas trouvé ma place. Et quand ma nouvelle coloc me squatte mes amis, je n’aime pas ça. Par quel droit, elle s’approprie ma vie et mes meilleurs amis ?

Quand vous êtes en couple et que vous rompez, les gens éprouvent forcément de la compassion à votre égard. Ils comprennent que c’est difficile de vivre sans cette personne, vos copines vous apportent des mouchoirs, un pot de HäagenDazs Chocolate Midnight Cookies, et regardent pour la dixième fois « le journal de Bridget Jones ». Mais quand vous souffrez d’amitié, les personnes ne se rendent pas compte que ça peut être tout aussi difficile à encaisser. Dans notre génération tout est consommé et consommable. Même l’amour devient un marché où il suffi de faire son tri. Mais il ne faut pas oublier que quand on perd l’amour, c’est souvent l’amitié qui nous sauve, alors quand on perd l’amitié, qui est là pour nous relever ?

By @Kellynovation, oui c’est moi 🙂

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