moi et le regard des autres (2016)

Je ne sais pas si ça me vient de ma relation (inexistante) avec mon paternel ou de mon physique ingrat au collège (genre : lunettes de vue moches, bagues sur les dents, boutons en mode calculatrice et tellement grandi d’un coup que pantalons qui faisaient plutôt office de pantacourt – Je vous passe les râteaux, les moqueries et le fait que je ne me sentais pas vraiment à ma place à Paris) mais j’ai un réel et profond BESOIN DE PLAIRE.

Quand je sors, je veux qu’on me regarde, quand je danse, je veux qu’on me regarde, quand je marche même… c’est tellement obsessionnel que mon psy, si j’en avais un, me dirait sûrement que c’est dû à un gros manque de confiance en moi (et on en revient à mes carences infantiles). BREEEEEFFFFFF

Tout ça pour dire que parfois, c’est pas facile à vivre de se sentir épiée (ou de vouloir l’être) surtout quand on ne sait pas vraiment quelle est la cause et quelle est la conséquence dans l’histoire.

En résumé, j’ai toujours été une ado un peu mal dans ma peau. Je vivais dans une ville que je n’aimais pas, j’allais dans un collège que je n’aimais pas, j’avais deux grands frères beaucoup plus vieux donc je me sentais en décalage avec les gens de mon âge et je vivais par procuration la vie de ma cousine qui habitait en Normandie, blonde aux yeux bleus et gros seins. Elle, on l’a regardait, tout le monde l’aimait, elle avait de supers potes que je kiffais aussi et surtout, on lui disait toujours qu’elle était belle et intelligente. Pas à moi.

Au lycée, ça allait un peu mieux mais toujours ce décalage avec les gens que je fréquentais. Quand j’ai intégré la prépa pour devenir orthophoniste (ça c’est juste une couverture, parce qu’en vrai, je suis agent secret mais chuuuuuuuuuuuut), je n’avais clairement plus de vie et je m’étais promise de me rattraper ensuite.

Ça tombait bien puisque j’ai réussi le concours, je me suis séparée de mon ex avec qui je venais de passer trois ans et comme lui, avait couché avec d’autres nanas, j’ai décidé de me venger.

Alors, pendant mon année de prépa, j’ai rattrapé le temps perdu, comme prévu. Un peu trop même. « Mon crédo : sois belle et consomme » (Hell, Lolita Pill), était devenu mon hymne. J’ai commencé à sortir en boite, à boire et… à baiser. Avec un, puis deux, puis trois mecs et parfois plusieurs dans la même soirée. Une vraie pétasse. Je montais sur les podium, parfois je finissais même à moitié nu, j’embrassais les gogos et je tchéquais les videurs. J’avais la vie donc j’avais rêvé (ou pas.).

Quand je me suis remise un an après, avec Clément, mon ex. ça a été radicale : je sortais moins, buvais moins et je ne pouvais plus pécho en soirée. Pourtant, si je n’avais pas vraiment été heureuse pendant l’année qui venait de s’écouler, il y avait maintenant comme un manque dans ma vie. Je crois que je m’étais vraiment perdue moi-même en route et là, je devais me reconstruire avec Clément, et pas toute seule.

FBI (fausse bonne idée) de se remettre si vite ensemble après ne pas d’être revus pendant deux ans. Engueulades, conflits, et très vite, je rencontre un garçon en boite. Il me laisse son numéro sur un papier, il est beau et il est cameraman, je trouve ça vraiment classe. Et là je réalise que je n’ai jamais été en couple à Paris, que je n’ai jamais vécu de vraies rencontres, que je n’ai jamais eu de rencards et que les seuls mecs que j’ai fréquenté ici, c’était pour le cul. Alors, je tente. Avec Clément ça se finit et avec Brice, ça démarre.

Échec cuisant quand je me rends compte que ce mec, cinéphile, dans le monde des People et pété de tunes, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé et qu’on a rien à se dire, donc souvent quand on se voit, on baise. Ça ne me change pas vraiment.

Le vrai changement, c’est Samih, l’été suivant. Je le connais depuis deux ans, on s’est rencontrés au taffe de mes parents et comme on est plusieurs étudiants à bosser là-bas pendant les vacances on s’est formé une bonne bande. Je ne l’avais pas revu depuis, et là, de savoir que je vais de nouveau passer une soirée avec, je suis toute grisée. Ça ne loupe pas, super soirée, suivie d’un texto, puis un deuxième… et là, je vis vraiment une belle histoire, je commence à avoir des sentiments et je n’ai plus du tout envie d’aller voir ailleurs ou de faire ma belle en boite, d’ailleurs je ne sors pas du tout pendant notre relation. Sale rupture au bout de cinq mois et là, c’est le drame. Il m’accuse d’avoir dragué son meilleur ami, et pas que d’ailleurs. Je tombe des nues. C’est faux, méchant et gratuit. Je lui en veux. Et on ne se voit plus jamais.

A enchaîner les déceptions, je ne gagne pas vraiment en confiance. Aujourd’hui, ça fait trois ans que je me suis séparé de Samih, le même mois j’ai perdu mon oncle et ma meilleure amie est devenue un peu ma pire ennemie. Je sors encore mais beaucoup moins. J’adore danser, j’ai toujours aimé ça, mais je sais que je pourrais faire mieux. Je sais que j’ai du potentiel mais quand je danse, j’ai peur qu’on me regarde, et je pense plus à l’image que je dois donner, qu’à ce que j’ai réellement envie d’exprimer. Je suis partie loin de Paris pour recommencer quelque chose de nouveau. Ça fait un an que j’habite à 8000 km, mais j’ai reproduit exactement le même schéma. Plan cul pour calmer ma soif d’amour, sorties, frustration, indécision. C’est difficile de devenir quelqu’un quand on n’a aucune confiance, aux autres, en soi et en l’avenir.

Alors je danse, à la coloc quand il n’y a personne, et puis j’écris, je continue d’être modèle photos aussi. Mais je sais que je pourrais faire mieux. Et ça me tue.

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