Tinder et mes époques tinder

« les meufs sérieux, le jour où je me crée un compte Tinder c’est que je suis vraiment désespérée ».

Il faut croire que je l’ai été puisque quelques semaines après avoir sorti cette phrase à mes copines, j’ai téléchargé l’appli.

Tinder et moi ça n’a jamais été une longue histoire passionnel. En tout et pour tout j’ai dû y rester deux ou trois mois mais toujours par petites périodes. Je me connectais, ça occupait mes soirées une ou deux semaines puis ça me blasait alors je supprimais l’appli et ainsi de suite. Finalement, j’ai eu beaucoup de rencards. Mais peu qui m’ont marquée…

Ce que j’aimais, il faut l’avouer, c’était d’abord de rehausser mon ego à chaque match (jusqu’à ce que mes potes mecs me disent qu’ils likaient de toute façon 100% des nanas. Déception).  Mais ça mettait un peu de piquant dans une vie surtout avant des partiels où je devais de toute façon restée cloîtrée chez moi..

 La deuxième étape, assez décisive. Était celle des premiers échanges. Est-il original? Est-il intrigant? Écrit-il français? Critère très important à mes yeux. Est-il drôle? A-t-il de la réparti?

Et puis la dernière étape, celle de la rencontre. Point de rendez vous à définir. Va-t-il venir? Est-il comme sur les photos? Plus beau? Plus moche? Est-ce que je vais lui plaire? Est-ce que je vais le reconnaitre surtout 😂

 Du coup, à l’époque,  je rencontre plusieurs mecs IRL et je me fais même une semaine »un jour, un rencard ». Cinq dates du lundi au vendredi. Je me fais payer des verres mais j’en paie aussi. Et je me fais meme inviter au resto de l’opéra. Je crois qu’il s’appelait Anthony. Ou Antoine. On finit par coucher ensemble d’ailleurs. Une fois. Et puis plus jamais de nouvelles.

Je rencontre aussi un trentenaire qui se prend pour Grey de 50 nuances. Premier rencard. Il arrive au point de rendez vous encore au téléphone. Et en raccrochant il m’embrasse. Comme ça. Il m’offre un cookie et un smothie à « brioche dorée » apres m’avoir vendu une terrasse en haut d’un hôtel sur les champs, et on finit chez lui. Il essaie de me déshabiller mais je n’en ai vraiment pas envie. En repartant de chez lui alors qu’il m’avait sommée, pour notre futur rencard de venir avec des « sous vêtements  affriolants » je lui réponds un joli sms pour lui dire poliment d’aller se faire foutre. Pauvre mec de 33 piges qui dit qu’il en a 26. J’étais fière de moi, je crois que c’était la première fois de ma vie que je remettais un mec à sa place.

Je rencontre aussi Clément. Avec qui je m’entends bien. Par contre, il n’embrasse pas très bien  et commence à tirer des plans sur la comète apres un seul bisou. Ca me refroidit grave. Il finit par être muter dans le sud et on continue à discuter pendant plusieurs mois et même se recroiser à Pau. Et puis le temps et la distance ont mis un terme à nos échanges.

ça me fait toujours marrer de tomber sur des mecs que je connais. Des mecs du collège ou du lycée surtout. J’en recontacte certains comme ça.

Un moment, j’active aussi la vue des filles mais je n’en rencontre aucune…

Et puis, je tombe sur Louis. Louis, il a tout. Des photos magnifiques, un match qui match et des premières conversations hors du commun, du charisme. On aborde  des sujets très varies on rigole bien. Au fur et à mesure, lui parler devient mon plaisir quotidien. De 18h à minuit, je suis facilement les doigts collés à mon clavier pour refaire le monde à deux. Je quitte l’appli et lui parle par SMS. Je me rappelle encore de cette soirée où à quelques secondes d’intervalle apres avoir discuté cinq ou six heures on s’est sortis mutuellement une phrase à la con avec Morphée dedans pour se dire bonne nuit. J’avais trouvé ça vraiment drôle mais je m’étais raisonnée moi même « t’emballes pas trop Kelly c’est juste une expression à la con détournée au même moment ».  Pourtant, lui m’avait fait remarqué d’un air complice la double vanne. On a continué à discuter plusieurs semaines avant d’enfin se voir.

On s’était donné rendez-vous à Saint Lazare pour ensuite aller à Chatelet. Il venait de Versailles et moi de Guy Moquet. J’avais hâte. Hâte. Les papillons dans le ventre et tout . Quand mon regard l’a croisé,ma première réaction n’a pas été »ouaw qu’il est beau » mais plutôt « ouaaw ce look ». Atypique. Comme sa personnalité. On a siroté un ou deux cocktails en HH au Diable des Lombards puis on a marché s’en s’arrêter de discuter. Au moment de se quitter. J’avais envie de l’embrasser ou plutôt qu’il m’embrasse. Mais rien. Je suis rentrée bredouille mais avec déjà la folle envie de le retrouver.

Deux semaines plus tard donc. On se revoit enfin. Toujours à Châtelet (mon QG de l’époque pour ses HH, sa facilité d’accès et les quais pas loin). On est allés boire dans des biberons d un bar super cher. Et cette fois ci, je l’embrasse pour lui dire au revoir. Le soir meme, on  continue de textoter comme d’habitude. Mais  les jours suivants, jai de moins en moins de messages. Moins d’engouement. Il décline chaque proposition de se revoir et n’en relance  pas . Je me rends difficilement mais surement à l’évidence.  Parfois, je reçois des messages débiles à quatre heures du matin style « la drogue c’est mal » ou des messages complices comme avant. Mais ça reste sporadique.

Je me triture le cerveau plusieurs semaines et finis par lui écrire un roman. Je tombe de haut en recevant la réponse. Naturellement, il l’annonce avoir rencontré quelqu’un d’autre. Apparemment, il pensait me l’avoir dit . Bah faut croire que non en fait. Mais merci de me prévenir.

La, tu vois, j’ai le sentiment qu’autour de moi plus rien ne sera comme avant. Je me sens surtout très conne. Et très seule. Mes soirées se vident. Et j’attends.

Il me faudra des mois pour arrêter de penser a lui. En soirée je guette  sil n’est pas la. A la weather ou au… Où je sais qu’il va souvent. Mais rien. Je ne le revois jamais.

Presque un an après nos premiers échanges, je le recontacte mais ça ne dure pas. Finalement, j’aurais dû continuer de me faire payer des verres et des baisers langoureux dans le métro.

Blague a part. Je réalise surtout  la dangerosité de ce genre d’appli et des réseaux sociaux en général. La fragilité d’une relation qu’on ne construit pas vraiment. A quel point on croit connaitre une personne alors que pas du tout. A quel point on se dévoile. On se raconte. Dans le vent. Et a quel point on est pisté. Tout le temps. Hallucinais toujours de voir des mecs Tinder dans mes propositions facebook.

Depuis. J’ai pris une grosse distance. J’ai retenté l’expérience un court moment en arrivant en Martinique.  J’y ai rencontré des mecs vraiment cools qui pour certains sont restes des potes.  Et depuis, plus rien.  Maintenant, disons que je n’ai plus peur de parler aux gens IRL 😉

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