WHV et covid19

Septembre 2019, je me lance enfin dans l’aventure Working Holiday Visa (PVT en français) en Nouvelle-Zélande. J’en rêve depuis plusieurs années…  je devais partir en 2018 mais j’ai dû annuler pour raisons médicales. 
Cette fois, rien ne peut m’arrêter! J’arrive à Auckland mi-septembre et avec deux potes français nous achetons un van! Deux mois de road-trip sur l’île du Nord et début décembre, j’achète ma propre voiture car je veux me sentir vraiment libre et profiter comme je l’entends de mon visa.
Après les fêtes de fin d’année passées en Nouvelle-Calédonie, une nouvelle aventure débute.
Je débarque dans une petite ville sur l’île du Sud et décide d’y bosser six semaines avant de repartir
en roadtrip, toute seule. Le temps passe vite, je rencontre plein de Frenchies et à la fin de mon contrat, je reprends la route. Je visite enfin le fameux Mont Cook puis continue mon chemin vers le Nord et la côte Ouest:
glaciers, trekks, je m’éclate. En voyage, chaque jour est une nouvelle aventure, chaque heure même.
Après deux semaines de vadrouille, je repasse un week-end à l’auberge histoire de revoir les copains et
surtout un mec avec qui je fricote depuis deux mois. Sophie*, une copine française, décide de venir avec moi vers le Sud. Nous établissons un titineraire sur deux semaines: visite des Catlins, croisière dans les Fjords, tout y est!
En route, on apprend que la France est confinée, ça y est. Ici, les rumeurs de confinement commencent aussi mais
rien de concret. Il y a peu de cas et nous poursuivons notre voyage sans trop d’inquiétude.
Et quel voyage! Les paysages sont extraordinaires :cascades, forêt, plages, falaises… Il y en a pour tous les goûts.
Arrivées à Dunedin, une petite ville dans le Sud Est, l’ambiance devient plus tendue.  Nous sommes toujours en Level 2 mais les nouveaux arrivants doivent rester confinés deux semaines. Les employés des communes viennent régulièrement dans les freecamps pour nous prévenir et nous informer.
Soudainement, le verdict tombe: nous allons passer en Level 3 et rapidement en Level 4 ce qui correspond
au confinement total. Notre croisière est annulée et nous avons deux jours pour réfléchir à la suite.
Nous décidons de rentrer à l’auberge retrouver nos amis et moi, mon Jules.
Le confinement débute et nous sommes une team de 4 frenchies. ça se passe plutôt bien. Avec Sophie, nous
commençons à travailler dans les vendanges et le propriétaire de l’auberge nous fait un prix au rabais pour cette période un peu particulière! J’ai même droit à une chambre privée avec mon Boy!Il y a pire comme confinement…
Mais voilà, au bout d’une semaine, le quatrième mousquetaire nous annone qu’il rentre en France.
Sophie déprime et décide d’arrêter de bosser. Dans le même temps, et sans raison apparente, mon Jules devient distant (ironie du sort en plein confinement), assez incisif et ne me touche plus. Drôle d’ambiance.
Je continue d’aller couper mes raisins et puis, sans surprise, Sophie m’annonce qu’elle rentre aussi.
A ce moment-là, je vrille et me pose aussi la question d’un retour prématuré. Après de nombreuses réflexions et en dépit du départ de Sophie, je décide de rester même si ma famille et mes ami.es me manquent de plus en plus.
Je rationalise: mieux vaut être ici, au milieu des collines et des moutons, avoir un boulot et un mec, tenter de
revendre ma voiture que rentrer à Paris sur un coup de tête, m’enfermer avec mes parents dans leur appart.
Mais les péripéties se multiplient et deux jours plus tard, je perds mon boulot, le proprio augmente le tarif de l’auberge du simple au double et avec mon Jules, plus rien ne va. L’ambassade annonce un dernier vol le 21 avril mais je n’ai pas le temps de m’inscrire qu’il est déjà complet.
Au moment où j’écris ces quelques lignes la situation est devenue compliquée, incertaine et insoutenable.
Je n’ai plus de revenus, une auberge à payer 185 dollars par semaine, une chambre à partager avec un homme qui ne s’adresse à moi que pour me sermonner et plus aucun vol de rapatriement prévu. Les vols commerciaux sont proposés à des tarifs exorbitants, et souvent annulés.
Je sens que mon aventure touche à sa fin, que la suite n’aura plus jamais la même saveur. Mon compte en banque s’amenuise de jour en jour et je ne peux pas me déplacer pour chercher un nouveau boulot. Je n’ai toujours pas vendu ma voiture qui m’a quand même coûté 2500 euros.
Pour la première fois depuis mon arrivée sur la terre des Hobbits, j’ai envie de rentrer mais je suis bloquée.
Grâce aux réseaux, j’ai réussi à regrouper des français dans mon cas et nous avons écrit un mail groupé à l’ambassade,
nous croisons les doigts pour que la situation se débloque mais nous avons peu d’espoir…
Je n’aurais jamais pensé avorter mon voyage comme ça, mais bien que la situation soit meilleure ici qu’en France,
je ne suis plus heureuse et je m’étais promis de ne jamais ressentir ça en voyage…
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